À un moment du parcours, il est important de s’arrêter, de lancer un coup d’œil vers l’arrière et de contempler le chemin parcouru. Pour éviter des assertions telles que : “L’Afrique n’est pas assez rentrée dans l’histoire” ; “l’Afrique n’a pas d’histoire” ou d’autres joyeusetés de ce genre, “le black history month” a vu le jour.
Le black history month : les origines de cette commémoration
Tout commence 50 ans après la promulgation du XIIIe amendement de la Constitution des États-Unis qui abolit l’esclavage dans le pays de l’oncle SAM. C’est à ce moment que L’historien afro-américain Carter G. Woodson et le pasteur Jesse E. Moorland décident de collaborer. Ensemble, ils créent l’Association for the Study of African American Life and History ((ASALH) dont l’objectif est d’effectuer des recherches sur l’histoire des Afro-Américains. L’ASALH lance quelque temps plus tard, en février 1926 : la “Black History Week”. Il est à rappeler que la deuxième semaine de février était célébré par les communautés noires américaines depuis la fin du 19e siècle. Ceci en raison de la coïncidence des anniversaires d’Abraham Lincoln le 12 et de Frederick Douglass le 14 février. Selon Carter G. Woodson :
L’enseignement de l’histoire des Noirs est essentiel à la survie physique et intellectuelle des Noirs dans la société
G. Woodson
Bien que l’objectif de la Black history Week fut à féliciter, la première édition reçue un accueil mitigé auprès du public afro-américain. Néanmoins, trois ans plus tard, en 1929, le Journal of Negro History fait un constat important. Tous les États avec une importante population afro-américaine ont organisé des événements liés à la semaine. Le journal constate également que des églises y participent et que des clubs d’histoire des Noirs sont créés. Certains maires en font même une fête officielle.

En février 1969, le leader des Black United Students de la Kent State University propose que la célébration soit étendue sur un mois. L’année suivante, le premier Black History Month est célébré au sein de l’Université. Finalement, en 1976, à l’occasion du bicentenaire des USA, le gouvernement à travers le président Gérald Ford reconnait officiellement la célébration. pour lui, c’est l’occasion de :
Saisir l’opportunité d’honorer les réussites trop souvent ignorées des Noirs américains dans tous les domaines à travers notre histoire
Gérard Ford
Negro History Month : une célébration désormais mondiale
Jusqu’en 1986, le black history month sera célébrée exclusivement aux USA. En 1987, le Royaume-Unis se joint à la festivité, suivi quelques années plus tard (en 1995) par le Canada. Il faudra attendre 2018 pour qu’il soit célébré pour la première fois en France. En Afrique, ce mois a été organisé en 2020 grâce à l’initiative de l’afro-caribéenne Mélina Seymour à travers son ONG Africa Mondo, en collaboration avec des organisations de la société civile.
Les premières éditions africaines se sont déroulées simultanément au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, aux Comores, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Tchad ; mais il faut également noter la mobilisation du Togo et du Congo dans leurs pays respectifs, même si ces événements n’ont pas pu s’y tenir. Que nous réserve 2023 ?