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Catégorie : DECOUVERTE

DECOUVERTE

Voyage au cœur des instruments musicaux traditionnels africains

Aimez-vous la musique ? Si oui, quel est votre instrument de musique favori ? J’entends déjà d’aucuns citer : le piano, la guitare, le violon ou même la harpe (pour les plus sophistiqués). S’il n’y a aucun mal à apprécier ces instruments (pour la grande majorité d’origine occidentale), je pense qu’il demeure tout de même important de connaître ceux de chez nous.

À présent, imaginez-vous assis sous un ciel étoilé, bercé par les sons enchanteurs d’instruments dont l’histoire remonte à des millénaires. De la Kora enchantée au Djembe vibrant, aujourd’hui chers lecteurs, je vous emmène à la découverte de 5 instruments musicaux traditionnels africains. Laissez-vous séduire par le rythme envoutant de chacun d’eux et plongeons ensemble dans la richesse musicale de notre continent.

Le Djembe : le tambour qui parle

Le djembé est originaire d’Afrique de l’Ouest, plus précisément de l’Empire Mandingue. On le retrouve aujourd’hui entre autres au Mali, au Burkina-Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Sénégal.

Le Djembé est fait d’une pièce de bois massif, le fût (souvent en acajou ou en acacia) dont la forme de la caisse de résonance fait penser à un mortier ou encore à un calice. À l’origine, il était de la peau d’animaux sauvages tels que les gazelles ou les antilopes. Aujourd’hui cependant, la peau de chèvre est plus couramment utilisée dans la fabrication de cet instrument.

La Kora : les cordes célestes d’Afrique

On ne peut parler des instruments musicaux traditionnels africains sans citer la kora. C’est un instrument à cordes qui trouve lui aussi ses racines au Mali. Aujourd’hui, on le retrouve dans plusieurs autres pays d’Afrique de l’Ouest dont la Gambie, le Sénégal, la Guinée, et la Guinée-Bissau.

Selon la légende, la toute première kora appartenait à une femme-génie qui résidait dans les grottes de Missirikoro, au Mali. Touché par les mélodies envoûtantes de l’instrument, Tiramakhan Traore, un illustre chef de guerre, s’en empara avec l’aide de ses fidèles compagnons de chasse, Waly Kelendjan et Djelimaly Oulé Diabaté. Une fois l’instrument volé, ils le confièrent à Djelimaly qui était le griot de l’équipe. La Kora fut ensuite transmise de père en fils et de génération en génération au Mali.

Le Balafon : l’instrument qui parle au passé

L’origine du terme « balafon » se trace jusqu’à l’expression malinké « bala fo », qui signifie « xylophone/parler », ou plus littéralement, « faire parler le xylophone ».

Le Royaume de Soundjata Keita a vu naitre une bonne partie des instruments musicaux traditionnels africains. Ainsi par exemple, l’existence du balafon dans la tradition musicale mandingue, est documentée depuis le XIVe siècle. On pense que cet instrument a vu le jour au sein du royaume de Sosso (XIIe siècle), situé sur le territoire du Mali actuel. Le balafon d’origine, connu sous le nom de Sosso Bala, existe toujours.

L’instrument occupe une place d’honneur dans l’hymne national du Sénégal, « Le Lion rouge », où on peut lire : « Pincez tous vos koras, frappez les balafons ». Le balafon est couramment joué lors de festivités, de mariages, de rites de passage, et d’autres événements significatifs, où il ajoute une touche de joie et de célébration. Sa sonorité unique résonne également dans les cérémonies religieuses, enrichissant ces moments d’une profondeur spirituelle.

La Mbira : petit instrument, grand esprit

Le mbira, aussi appelé kalimba, est un instrument de musique idiophone, de la famille des percussions. Originaire du Zimbabwe, il a une forme particulière. Les colons européens l’appelaient d’ailleurs le piano à pouces ou piano à doigts.

Auparavant, la mbira était essentiellement jouée à des rituels, mariages ou encore lors des rassemblements publics. Mais, depuis plusieurs décennies, la mbira connaît des usages plus contemporains. Selon Ambuya Nyati, une des plus grandes représentantes de la musique rituelle shona au Zimbabwe : « La mbira est comme votre Bible […] C’est notre façon de prier Dieu. C’est notre téléphone avec les ancêtres ».

L’Udu : l’écho de la terre mère

Le Nigéria est également connu pour sa richesse musicale. Dans notre découverte des instruments musicaux traditionnels africains, nous allons parler de l’Udu.

Originaire du Nigéria, l’Udu est un instrument de musique à percussion idiophone en forme de jarre. Fabriquée en terre cuite cet instrument peut être utilisé aussi bien dans des styles de musiques traditionnels ou plus modernes comme le jazz.

Nommé aussi Udu Drum, Potée africaine ou Botija, l’Udu est un cousin du Ghatam d’Inde. Etant une cruche d’eau avec un trou de plus, l’UDU était jouée par les femmes à des fins cérémonielles.

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L’histoire des Nanas Benz : ces femmes de pouvoir et commerçantes de talent

Riches, puissantes, influentes dans la sphère politique, ces femmes togolaises vivaient, il n’y a pas si longtemps, dans le luxe. Elles réalisaient des chiffres d’affaires colossaux, voyageaient dans le monde et roulaient en Mercedes-Benz, d’où leur surnom « Nanas Benz ». On admet aujourd’hui que ces dernières ont été un levier important du développement de l’économie togolaise et africaine.

Les Nanas Benz : une histoire qui remonte très loin dans le passé

L'histoire des Nanas Benz : ces femmes de pouvoir et commerçantes de talent

Pour comprendre le parcours des Nanas Benz, il nous faut retourner en Indonésie au milieu du XIXe siècle. Les commerçants hollandais découvrent au cours de leurs nombreuses expéditions sur l’île, des tissus de coton aux couleurs vives imprimés sur les deux faces et recouverts de cire. C’était un procédé qui permettait aux locaux de mieux y fixer les couleurs.

De retour en Hollande, ces marchands ont vite fait de faire fabriquer en Europe ce tissu qu’ils ont rebaptisé « Wax de Hollande » en référence à la cire dont il est enduit. L’histoire raconte que les premiers à véritablement tomber sous le charme du Wax Hollandais furent les soldats ghanéens qui étaient en ce temps-là, nombreux au sein de l’armée de Hollande.

Une fois dans leur pays à la fin de leur service, ces derniers en auraient ramené des cargaisons entières. Rappelons tout de même que jusqu’en 1872 le Ghana était une colonie hollandaise. C’est donc en Gold Coast que les premiers Wax furent expédiés en masse. Très colorés, résistants et abordables, ces tissus furent très bien reçus par les femmes de la région, qu’elles fassent partie de l’élite ou du bas peuple. Dès ce moment, des Togolaises font le déplacement jusqu’à Accra pour se procurer le fameux tissu.

Pendant près d’un siècle, c’est du Ghana que se répandait le wax hollandais. Mais cela va changer en 1960 avec l’arrivée au pouvoir de Kwame Nkrumah le premier président du Ghana indépendant. Ce dernier va instaurer une série de réformes parmi lesquelles des droits de douane sur les produits importés conduisant à la quasi-disparition du Wax hollandais.

Les femmes prennent le pouvoir

L'histoire des Nanas Benz : ces femmes de pouvoir et commerçantes de talent
Dédé Rose Gameli Creppy : ancienne doyenne des nana benz

C’est à ce moment, qu’un groupe d’une vingtaine de femmes togolaises va décider de prendre le relais. À ce moment de l’histoire, de nombreux marchands togolais avaient laissé tomber le commerce pour l’administration publique plus lucrative. Les Nanas Benz vont donc profiter de ce vide pour se substituer aux marchands et relancer le commerce du wax qui était en déclin.

Elles réussissent en 1970, malgré l’hostilité initiale des hommes à conclure un contrat d’exclusivité avec la Vlisco African Company. Les Nanas Benz à leur manière ont contribué à l’émancipation de la femme togolaise…

Pendant près de 20 ans, les Nanas Benz auront le contrôle de la distribution du Wax en Afrique. Que ce soit au Togo, au Burkina-Faso, au Niger, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali… tous se ruaient littéralement sur ces tissus aux couleurs vives et chatoyantes avec lesquels on réalisait de beaux boubous. Véritables maîtresses du commerce, elles profitent de cet engouement autour du wax pour engranger plus de bénéfices et se faire une fortune. Au fil des années, les Nanas Benz s’imposent comme une véritable puissance économique. On murmure qu’elles dominaient jusqu’à 40 % du secteur informel de l’économie togolaise.

Connaissant leur marché, elles voyagent régulièrement jusqu’en Hollande où elles discutent avec les stylistes de Vlisco des nouvelles tendances. Au cours de leurs années de règne, leur chiffre d’affaires pouvait avoisiner le milliard de francs CFA chacune. Extrêmement riches, elles ont construit des villas de luxe, voyagé à travers le monde. Elles ont acheté des appartements en Europe (à Paris notamment), et ont importé à Lomé les premières berlines allemandes. Elles n’hésitaient d’ailleurs pas à les passer au Général Eyadéma, ancien président du pays lorsque ce dernier recevait les chefs d’Etats étrangers.

La fin de l’hégémonie

L'histoire des Nanas Benz : ces femmes de pouvoir et commerçantes de talent

Au début des années 1990 cependant, l’empire des Nanas Benz commence à vaciller. D’une part à cause l’arrivée sur le marché du Wax Nigérian (coutant moins cher), la dévaluation du F CFA et l’entrée dans la course des tissus Made in China. Les Chinois sont ceux qui portent le coup de grâce en inondant le marché des tissus fabriqués à Shanghai coûtant 10 fois moins chers. Pour les Nanas Benz, c’est la fin de l’hégémonie, mais pas de l’histoire. Elles vont transmettre leurs affaires, à leurs filles, les « Nanettes » qui se chargent aujourd’hui de perpétuer la tradition.

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Le mouvement rastafari : une religion ou un mode de vie ?

Une religion ou un mode de vie ? La question se pose depuis des décennies à propos du mouvement rastafari. Mais une chose est sûre : les rastas ont su imposer leur style unique et leurs convictions profondes dans le monde entier. Des dreadlocks aux couleurs de l’Éthiopie, en passant par le reggae et le cannabis, le rastafarisme est devenu un véritable phénomène culturel. Mais qu’est-ce qui anime vraiment ce mouvement ? Suivez-nous pour en découvrir les secrets et comprendre pourquoi il fascine autant.

L’histoire du mouvement rastafari

Le mouvement rastafari est un mouvement religieux et culturel qui a émergé en Jamaïque dans les années 1930. Cette même année, Haïlé Sélassié Ier, a été couronné roi d’Éthiopie. Les rastafaris ont considéré cet événement comme la réalisation d’une prophétie biblique. Une prophétie selon laquelle un roi noir, descendant du roi Salomon et de la reine de Saba, régnerait sur l’Éthiopie. C’est pourquoi les rastas considèrent l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié Ier, comme une figure messianique et divine. D’ailleurs, le mouvement tire son nom de Ras Tafari, le nom de couronnement de cet empereur.

mouvement rastafari - alkebulan - Haïlé Sélassié - Jamaïque - Ethiopie - rasta - rastafariHaile Selassie of Ethiopia

On devine alors aisément que l’Éthiopie est un pays important pour le mouvement. Marcus Garvey, un Jamaïcain qui a émigré à Harlem où il est devenu l’un des premiers leaders importants de la cause noire, a contribué à lancer le mouvement. Il a souvent fait référence à l’Éthiopie dans ses discours, en prônant le retour des Africains-Américains sur leur terre d’origine. Dans ses discours, il affirmait par exemple :

Laissons le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d’Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d’Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges. C’est le Dieu auquel nous croyons, et nous l’adorerons à travers les lunettes de l’Éthiopie.

Marcus Garvey

Bien que la culture rastafari soit marquée par diverses influences bibliques, ils remettent en question de nombreux passages. Ainsi, les premiers rastafaris étaient des membres de la classe ouvrière jamaïcaine, qui ont commencé à rejeter le christianisme colonial et à chercher une religion qui correspondait mieux à leur culture et à leur histoire. En ce sens, à la place de la Bible, ils utilisent le Kebra Nagast pour comprendre la sagesse de Salomon et de la reine de Saba. Au fil des années, le mouvement s’est développé et est devenu une force culturelle et politique majeure en Jamaïque et dans le monde entier.

Les rastafaris ont également joué un rôle important dans le développement du reggae, une musique qui exprime les valeurs et les croyances du mouvement. Des artistes tels que Bob Marley, Peter Tosh et Burning Spear ont popularisé la musique reggae. Ils ont contribué à faire connaître le mouvement rastafari dans le monde entier.

Les croyances de vie rasta

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Le mouvement rastafari est souvent associé à l’utilisation du cannabis et aux dreadlocks, mais c’est bien plus que cela. Les rastas ne se considèrent pas comme les membres d’une église organisée, mais plutôt comme une communauté spirituelle. La communauté a de plus été associé à des mouvements politiques et sociaux. C’est notamment le cas des mouvements pour les droits des Noirs et ceux de lutte contre l’oppression coloniale.

Les rastafaris prônent un mode de vie simple, proche de la nature et respectueux du corps et de l’environnement. Ils suivent un régime appelé Ital, qui est principalement végétarien ou végétalien/végane. Ils évitent aussi de manger des aliments qui ont été artificiellement préservés, aromatisés ou modifiés chimiquement, car cela peut nuire à leur corps. Ils considèrent la viande comme un “poison” qui peut causer l’agressivité, les famines, l’obésité et la plupart des maladies.

De même, selon les Rastafaris, le cannabis (ou « ganja ») est une plante sacrée qui favorise l’élévation de l’âme. Ils considèrent qu’il est sans danger et revendiquent de ce fait sa légalisation. Ils l’utilisent surtout pour ses effets, qu’ils estiment propices à la méditation. Les rastas se rassemblent lors de cérémonie mystique appelée “Les groundations” pendant lesquelles ils prient, chantent, jouent différentes percussions appelées “nyabinghi” et échangent des idées. Pour rappel, La musique nyabinghi est la véritable musique culturelle rasta, qui rappelle la tradition africaine.

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Bob Marley : le militantisme et l’engagement social à travers la musique

Bob Marley est une légende de la musique et une véritable icône culturelle ! Il a influencé des générations de fans à travers le monde avec son message de paix, d’amour 💗 et de justice sociale. Mais saviez-vous que son histoire est étroitement liée à l’Afrique ? En réalité, notre continent a profondément inspiré sa musique et ses valeurs. Aujourd’hui, à l’occasion de la commémoration de son décès, nous allons explorer le lien entre Bob Marley et l’Afrique.

Nous allons ensemble découvrir certaines de ses chansons les plus emblématiques tout en retraçant son parcours légendaire, jusqu’à sa mort tragique ☠. Alors, mettez-vous à l’aise et plongeons dans l’univers du “Roi du Reggae”.

Bob Marley : la musique comme moyen d’expression et de lutte pour l’égalité

Bob Marley - alkebulan - Afrique - Jamaïque - militantisme

Bob Marley nait en 1945 en Jamaïque, une île située dans les Caraïbes au sud de Cuba et à l’ouest d’Haïti. Il commence à jouer de la musique dès son plus jeune âge. En 1963, alors qu’il n’a que 18 ans, il forme le groupe The Wailers avec Peter Tosh et Bunny Wailer. Deux ans plus tard, en 1965, ils sortiront leur premier album qu’ils nommeront “The Wailing Wailers”. Le groupe rencontre son premier vrai succès local en Jamaïque et beaucoup d’autres suivent jusqu’en 1968. Mais à partir de 1973, le célèbre musicien entame une carrière solo.

Tout au long de sa vie, il aura écrit et enregistré de nombreuses chansons qui sont devenues des classiques, commeNo Woman No Cry“, “Get Up Stand Up“, “Redemption Song” et “One Love“. Il a connu une réussite phénoménale qui l’a propulsé au rang de musicien le plus célèbre du reggae. Le célèbre Reggae man a écoulé plus de 200 millions de disques dans le monde entier. Mais la musique de Bob Marley ne se limitait pas à divertir les gens. Il a aussi utilisé sa voix pour défendre les droits des opprimés et pour promouvoir l’unité et la paix dans le monde. Sa chanson “War“, qui contient des extraits d’un discours prononcé par l’empereur éthiopien Haile Selassie, est un exemple clair de son engagement en faveur de la justice et de l’égalité. Les paroles de cette chanson disent :

Jusqu’à ce que la couleur de la peau d’un homme ne soit plus significative que la couleur de ses yeux, partout sera la guerre.

En plus de son engagement social, Bob Marley était également connu pour son adhésion à la religion rastafari. Les rastafaris considèrent l’empereur éthiopien Haile Selassie comme leur messie. Ils célèbrent la culture africaine et la lutte contre l’oppression. Les paroles de nombreuses chansons de Bob Marley reflètent d’ailleurs cette philosophie. C’est le cas de la chanson “Africa Unite” où il affirme :

Unissez-vous pour le bénéfice de votre peuple, unissez-vous et faites-le pour le bénéfice de votre vie.

Sa mort : une perte tragique pour l’univers musical

Bob Marley - alkebulan - Afrique - Jamaïque - militantisme

En 1977, on lui diagnostique 5 métastases (cancers)😨 1 de la peau, 1 du poumon et 3 du cerveau 😣. Bien qu’il ait continué à travailler et à tourner malgré la maladie et les chimios, son état s’est rapidement détérioré. Il décédera quelques années plus tard, en 1981, à l’âge de 36 ans. Sa mort prématurée a été une énorme perte pour le monde entier, mais son héritage musical et son engagement pour la justice sociale continuent d’inspirer des gens à travers le monde.

Il est aujourd’hui reconnu comme l’homme qui a contribué à la popularisation mondiale de la musique jamaïcaine et du mouvement rastafari. Ses chansons ont marqué des générations de personnes et continuent d’être écoutées et appréciées aujourd’hui.

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Les dreadlocks : histoire et signification d’une coiffure emblématique

Vous avez peut-être déjà croisé dans la rue ou sur la tête de l’un de vos artistes préférés des dreadlocks : cette coiffure emblématique aux multiples facettes. Utilisée depuis des siècles par plusieurs peuples à travers le monde, elle est aujourd’hui devenue un symbole fort de la culture rastafari et un moyen efficace d’affirmer son identité. Que vous soyez adepte de cette coiffure ou simplement curieux d’en savoir plus, vous êtes au bon endroit. Aujourd’hui, nous partons à la découverte de l’histoire et de la signification des fameuses dreadlocks !

Origine et signification des dreadlocks

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Les dreadlocks sont une coiffure qui est souvent associée à la culture rasta, mais qui a en réalité une origine beaucoup plus ancienne. Les premiers enregistrements de cette coiffure remonteraient à l’Égypte ancienne. À cette époque, les prêtres et les pharaons portaient des dreadlocks comme symbole de leur statut élevé et de leur engagement religieux. Les tribus d’Afrique de l’Ouest utilisaient également cette coiffure comme moyen de se distinguer les unes des autres.

En Jamaïque, le terme dreadlocks fut utilisé pour la première fois dans les années 1950, 20 ans après l’apparition du mouvement Rastafari. Les rastas arborent des locks en tant que manifestation de leur spiritualité intérieure. Selon une autre interprétation parmi les rastafaris, le terme dread (« crainte » en anglais) fait référence aux militants Mau Mau qui arboraient des dreadlocks et qui inspiraient ce sentiment de peur aux Anglais coloniaux au Kenya dans les années 1950.

Selon d’autres sourcent, les rastamans attribuent l’origine de leurs dreadlocks à l’un des trois vœux de Nazarite énoncés dans le Livre des Nombres, qui est le quatrième livre du Pentateuque. Le texte de la Bible stipule que pendant toute la durée de leur naziréat, les Nazarites ne devaient pas se raser les cheveux. Selon le verset 5 du chapitre 6 de Nombres :

Le rasoir ne passera point sur sa tête ; jusqu’à l’accomplissement des jours pour lesquels il s’est consacré à l’Éternel, il sera saint, il laissera croître librement ses cheveux.

Nombres 5 chapitre 6

La figure biblique la plus célèbre arborant cette coiffure emmêlée est Samson, qui aurait eu sept locks et perdu sa force prodigieuse après qu’elles eurent été coupées.

Les dreadslocks dans la société

Les dreadlocks ont été stigmatisées pendant de nombreuses années. Ils étaient considérés comme sales et peu hygiéniques. Les personnes les portant ont été discriminées et marginalisées en raison de leur apparence. Cependant, la société moderne est de plus en plus encline à accepter cette coiffure. Ce revirement est dû entre autre à sa forte présence dans l’industrie musicale, en particulier dans le reggae et le hip-hop.

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En effet, de nombreux artistes renommés, tels que Bob Marley, Burning Spear, Lauryn Hill et Snoop Dogg, ont porté ou portent encore des dreadlocks comme symbole de leur identité culturelle et musicale. Cette coiffure est donc devenue un élément clé de la culture musicale associé à la liberté, l’expression de soi et la résistance contre l’injustice.

Aujourd’hui, il faut reconnaitre cependant que le port des locks peut avoir différentes interprétations en fonction des personnes. Ainsi, elles peuvent être l’expression profonde d’une conviction religieuse ou spirituelle, une manifestation d’une fierté ethnique, un rapport politique, ou tout simplement une préférence de mode.

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Robert Johnson, le blues et la résilience afro-américaine : un regard sur l’histoire !

Bienvenue dans l’univers Alkebulan ! Aimez-vous la musique ? Si oui, accordez vos guitares parce qu’aujourd’hui, nous parlons de Bluuuuues 🎸. Nous allons ensemble découvrir ce genre musical profondément enraciné dans l’histoire afro-américaine. Et si vous vous y connaissez un peu, vous savez sûrement qu’il est impossible d’épiloguer sur le blues sans parler de Robert Johnson.

Il est reconnu comme étant l’artiste qui a changé le cours de l’histoire de cette musique. Il est le légendaire musicien qui aurait “vendu son âme au diable” pour devenir le meilleur guitariste de tous les temps : le premier du tragique club des 27… 😮

Le blues : une mélodie aux origines esclavagistes

Robert Johnson - blues- alkebulan - musique américaine - club des 27

Avant que Robert Johnson ne marque le blues d’une empreinte indélébile dans les années 1930, les noirs américains avaient déjà une riche tradition musicale. Celle-ci reflétait leur expérience de l’esclavage, de la ségrégation, de la pauvreté et de la discrimination. Les origines du blues remontent donc aux chants des esclaves africains. Ils utilisaient la musique pour se libérer, le temps d’un chant, de leur douloureuse condition. Au fil des années, ces chants ont évolué en des styles plus élaborés, tels que le “field holler”, le “spiritual” et le “gospel”.

Le blues a émergé de cette tradition musicale afro-américaine au tournant du XXe siècle, et s’est rapidement répandu dans les communautés noires du sud des États-Unis. Cependant, malgré la popularité croissante du blues parmi les Noirs américains, il a longtemps été ignoré ou méprisé par la culture dominante blanche. Les premiers enregistrements de blues étaient généralement réalisés par des maisons de disques spécialisées dans la musique “race records”, destinée uniquement aux auditeurs noirs. Ce n’est que plus tard, dans les années 1940 et 1950, que le blues est devenu un genre musical plus largement accepté et commercialisé.

L’influence de Robert Johnson sur le blues

Robert Johnson - blues- alkebulan - musique américaine

Robert Johnson a été l’un des premiers musiciens noirs à être enregistré et diffusé à la radio. Né en 1911 dans le Mississippi, il a ouvert la voie à de nombreux autres musiciens noirs, leur permettant de se faire connaître et de se faire respecter. Pourtant, ses débuts avec la guitare n’étaient pas fameux. En 1930, il rencontre le pionnier du blues “Son House” à Robinsonville, Mississippi. Le musicien plus âgé a qualifié les tentatives de Robert Johnson de jouer à la guitare de :

Racket que vous n’aviez jamais entendu ! …

Son House

Ceux présents lors de l’essai de Johnson auraient affirmé :

Éloignez cette guitare de ce garçon, il rend les gens fous avec ça

Loin de décourager ce dernier, ces paroles motivèrent notre mélomane à s’améliorer. C’est ainsi qu’il s’en alla et revint deux ans plus tard. Lorsque Johnson, de retour de ses voyages à travers le Delta, joua à nouveau pour Son House et son ami musicien Willie Brown, tout fût différent. Ils étaient stupéfaits par son amélioration. C’est ainsi que débuta l’ascension du célèbre guitariste dans le blues. Malheureusement, Robert Johnson a eu peu de succès commercial ou de reconnaissance publique de son vivant.

La plupart de ses chansons ont été publiées sous forme de singles après sa mort. En 1961, Columbia Records a publié une collection d’enregistrements de Johnson intitulée King of the Delta Blues Singers. De nombreux artistes influents l’ont également mentionné comme source d’inspiration pour leur musique. C’est le cas d’Eric Clapton qui a appelé Johnson “le chanteur de blues le plus important qui ait jamais vécu”.

Robert Johnson aurait-il vendu son âme au diable pour obtenir son succès ?

Robert Johnson - blues- alkebulan - musique américaine - club des 27

Impossible de parler du Roi du Blues sans parler de la légende qui entoure sa personne.  Il se raconte que Johnson aurait rencontré le diable à un carrefour dans le Mississippi rural. Il aurait échangé son âme contre une maîtrise exceptionnelle de la guitare et une réussite musicale. Bien que cette histoire soit largement considérée comme une fiction, elle a contribué à renforcer le mythe entourant Johnson, sa musique et sa fulgurante ascension.

Robert Johnson est de plus associé au “Club des 27”, un groupe d’artistes influents qui sont tous décédés à l’âge de 27 ans. Johnson est mort le 16 août 1938 à l’âge de 27 ans près de Greenwood. Les circonstances exactes de sa mort restent à ce jour incertaines. La théorie la plus répandue est qu’il a été empoisonné par un mari jaloux. D’autres membres célèbres du “Club des 27” sont Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain et Amy Winehouse.

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Le Black History Month : qu’est-ce c’est ?

À un moment du parcours, il est important de s’arrêter, de lancer un coup d’œil vers l’arrière et de contempler le chemin parcouru. Pour éviter des assertions telles que : “L’Afrique n’est pas assez rentrée dans l’histoire” ; “l’Afrique n’a pas d’histoire” ou d’autres joyeusetés de ce genre, “le black history month” a vu le jour.

Le black history month : les origines de cette commémoration

Tout commence 50 ans après la promulgation du XIIIe amendement de la Constitution des États-Unis qui abolit l’esclavage dans le pays de l’oncle SAM. C’est à ce moment que L’historien afro-américain Carter G. Woodson et le pasteur Jesse E. Moorland décident de collaborer. Ensemble, ils créent l’Association for the Study of African American Life and History ((ASALH) dont l’objectif est d’effectuer des recherches sur l’histoire des Afro-Américains. L’ASALH lance quelque temps plus tard, en février 1926 : la “Black History Week”. Il est à rappeler que la deuxième semaine de février était célébré par les communautés noires américaines depuis la fin du 19e siècle. Ceci en raison de la coïncidence des anniversaires d’Abraham Lincoln le 12 et de Frederick Douglass le 14 février. Selon Carter G. Woodson :

L’enseignement de l’histoire des Noirs est essentiel à la survie physique et intellectuelle des Noirs dans la société

G. Woodson 

Bien que l’objectif de la Black history Week fut à féliciter, la première édition reçue un accueil mitigé auprès du public afro-américain. Néanmoins, trois ans plus tard, en 1929, le Journal of Negro History fait un constat important. Tous les États avec une importante population afro-américaine ont organisé des événements liés à la semaine. Le journal constate également que des églises y participent et que des clubs d’histoire des Noirs sont créés. Certains maires en font même une fête officielle.

Alkebulan- black history month- negro history month- mois de l'histoire noire

En février 1969, le leader des Black United Students de la Kent State University propose que la célébration soit étendue sur un mois. L’année suivante, le premier Black History Month est célébré au sein de l’Université. Finalement, en 1976, à l’occasion du bicentenaire des USA, le gouvernement à travers le président Gérald Ford reconnait officiellement la célébration. pour lui, c’est l’occasion de :

Saisir l’opportunité d’honorer les réussites trop souvent ignorées des Noirs américains dans tous les domaines à travers notre histoire

Gérard Ford

Negro History Month : une célébration désormais mondiale

Jusqu’en 1986, le black history month sera célébrée exclusivement aux USA. En 1987, le Royaume-Unis se joint à la festivité, suivi quelques années plus tard (en 1995) par le Canada. Il faudra attendre 2018 pour qu’il soit célébré pour la première fois en France. En Afrique, ce mois a été organisé en 2020 grâce à l’initiative de l’afro-caribéenne Mélina Seymour à travers son ONG Africa Mondo, en collaboration avec des organisations de la société civile. 

Les premières éditions africaines se sont déroulées simultanément au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, aux Comores, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Tchad ; mais il faut également noter la mobilisation du Togo et du Congo dans leurs pays respectifs, même si ces événements n’ont pas pu s’y tenir. Que nous réserve 2023 ?

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Konboye Ebipade : l’artiste nigérian qui crée des toiles à partir de chaussures plastiques

Avec un total de plus de 219 millions d’habitants, le Nigéria est le pays le plus peuplé d’Afrique et le 6e du monde. Selon l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, dans ce pays, près de 200 000 tonnes de déchets plastiques sont déversées dans l’océan chaque année. Nous partons aujourd’hui au Nigéria à la découverte de Konboye Ebipade Eugène, un artiste environnementaliste qui à sa façon lutte contre la pollution plastique dans son pays.

Konboye Ebipade : l’art au service de l’environnement

Tout commence dans une décharge à ciel ouvert. Le jeune artiste fouille une montagne de déchets à la recherche d’un article bien particulier : des tapettes ou des tongs en plastique. Direction ensuite son atelier dans lequel il empile sa trouvaille à l’aide d’une pèle. La troisième étape et pas des moindres consiste pour l’artiste à laver puis découper chacune des tongs. Il explique :

La première chose à faire est d’obtenir mes matériaux. Je les expose ensuite au soleil et à la pluie, puis, je les trie en fonction de leur couleur, et en fonction de leur tonalité.

Rtbf.be

Enfin, la magie s’opère et la centaine de déchets se transforme en de magnifiques portraits mosaïques multicolores. C’est ainsi que sur les murs de son studio, les visages des membres de sa communauté émergent petit à petit. Il reçoit également des commandes de clients qui demandent des portraits de personnes chères. Pour Konboye Ebipade :

Presque tout le monde a une paire à la maison. Lorsque les gens ont fini d’utiliser ces objets, qu’en font-ils ? Ils les jettent. Certains de ces objets finissent par être enterrés, d’autres se retrouvent dans l’océan. Ceux qui sont enfouis dans le sol affectent les plantes et ceux qui se retrouvent dans l’océan affectent la vie marine, car certains sont pris pour de la nourriture.

Rtbf.be

Fana de tout ce qui est art, je trouve l’initiative à saluer et son art particulièrement captivant. Il est à noter qu’un peu partout en Afrique, des actions similaires sont entreprises par de jeunes environnementalistes. L’objectif est de protéger notre mère terre en apportant chacun sa pierre.

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La croix d’Ankh ou croix africaine

Encore appelée croix africaine ou croix de vie, la croix d’Ankh est un symbole important de la mythologie égyptienne. Dans l’Égypte Antique, elle était communément peinte ou sculptée en association avec les divinités. On a trouvé de nombreuses représentations de la croix d’Ankh sur des peintures funéraires, dans des tombes, mais également sur des statues et des temples.

Croix d’Ankh : quelle signification ?

Ils existent plusieurs significations de la croix égyptienne. En premier, elle serait la représentation de la vie, d’où son nom « croix de vie ». Elle désigne l’association de l’énergie masculine divine du dieu Osiris et de l’énergie féminine divine de la déesse Isis. La partie ovale du symbole représente un vagin et la partie phallique toute droite représente un pénis. Les deux bras qui sortent de cette croix représentent l’enfant qui est créé à partir de cette association divine. C’est aussi le symbole originel de la trinité : la mère, le père et l’enfant.

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Selon des études, les sociétés africaines d’avant la colonisation étaient majoritairement matriarcales. La mère avait une place très importante d’où cette trinité qui met la mère et le père à un niveau égal et leur rôle est d’éduquer l’enfant qui grandit. Cette symbolique aurait été reprise au 5e siècle par le christianisme avec la notion de trinité (père-fils-saint esprit). La société occidentale étant patriarcale, la trinité représentée par la croix d’Ankh (mère, père, fils) n’avait aucun rapport avec leurs valeurs. Ainsi, la place de la mère fut remplacée par celle du Saint-Esprit. Avec l’arrivée de la colonisation et l’imposition du christianisme, la société africaine serait donc passée petit à petit d’une société matriarcale à une société patriarcale.

Un symbole de la vie éternelle ?

Une deuxième signification voudrait que la croix d’Ankh soit le symbole de la vie éternelle et de l’immortalité. Cadeau ultime de la vie, elle représente à la fois l’existence sur terre et la vie après la mort. Le pharaon l’utilisait pour représenter et asseoir son pouvoir. Elle était portée comme amulette de protection par les Égyptiens. Du point de vue spirituel, l’ankh représente la clé de toute connaissance cachée, la clé pour résoudre les mystères de la vie et de la mort. La boucle symbolise l’âme éternelle, car elle n’a ni début ni fin, la croix représente la mort.

Les dieux impliqués dans le jugement des morts peuvent posséder l’Ankh. Ils la tiennent généralement par la boucle ou dans chaque main, les bras croisés sur la poitrine. Certains la placent sous le nez du défunt, comme pour lui insuffler la vie éternelle. De nombreux reliefs dans les temples égyptiens antiques montrent des scènes dans lesquelles le roi se voit offrir l’Ankh par les divinités.

La croix d'Ankh ou croix africaine
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Alkebulan véritable nom de l’Afrique ?

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